Exposez les couts: bullétin de SEAC

Voici la première mise à jour sur notre campagne. Nous publierons des mises à jour périodiques à mesure que continuons à mettre en évidence les sujets d’inquiétude des membres du SEAC et vous présentons des comptes rendus sur la campagne visant â ralentir la sous-traitance à Anciens combattants Canada. Faites-nous parvenir vos commentaires, vos idées et vos suggestions. Ensemble, nous gagnerons!

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Lettre aux sections locales : sous-traitance des services de réadaptation

Destinataires : sections locales du SEAC

Depuis de nombreuses années, les services aux vétérans du Canada et à leurs familles ont été affaiblis et réduits. Cela s’est produit en raison de l’insuffisance de financement et de l’inaction des gouvernements de différents partis politiques. L’augmentation de la privatisation et de la sous-traitance n’a pas cessé de réduire ces services, et le travail des membres de l‘AFPC/SEAC a été confié au secteur à but lucratif. L’initiative la plus récente d’Anciens combattants Canada est le contrat sur les services de réadaptation fournis aux vétérans qui réintègrent le marché du travail et la vie civile après leur service militaire. Un massif contrat de 560 millions de dollars sur une période initiale de 5,5 ans a été adjugé à Partenaires des services de réadaptation aux vétérans canadiens en juin 2021. Ce contrat entrera en vigueur en janvier 2023 et comprend une disposition permettant trois prolongations de deux ans.

Le contrat nuira aux vétérans car leurs services seront réduits, aux gestionnaires de cas car leurs responsabilités seront réduites et ils risqueront de voir baisser le niveau de leur poste et au public canadien parce qu’une grande partie du travail pourrait être accomplie à l’interne à un coût beaucoup plus bas. C’est pour cela que le SEAC conjugue ses efforts avec ceux de l’AFPC pour riposter. Depuis quelques semaines, nous avons très bien réussi à attirer l’attention sur notre campagne grâce à de la publicité gratuite et payante. Celle-ci a compris un article ordinaire, un article d’opinion et une annonce pleine page dans le Hill Times, un article et une annonce pleine page dans le Charlottetown Guardian, un article d’opinion dans l’Ottawa Citizen et des entrevues accordées à CBC PEI et à Radio Canada Acadie.

Notre campagne de publicité a consisté à placer des annonces dans les transports en commun d’Ottawa et de Victoria et à faire passer une annonce dans la Revue Légion et de nombreux messages dans les médias sociaux. Nous avons acheté une publicité sur panneau d’affichage numérique dans le centre-ville d’Halifax, et l’AFPC-Atlantique a pris les dispositions nécessaires pour qu’une annonce passe dans la publication de la Légion en Nouvelle-Écosse. Plus de 400 lettres ont été envoyées au Ministre jusqu’à présent, et nous continuons à faire la promotion de la campagne auprès des membres et des activistes du SEAC/AFPC. De plus, nous avons lancé un bulletin de nouvelles de la campagne. La première édition a paru le 4 juillet et nous publierons de nouvelles éditions toutes les deux semaines.

Au cours de la prochaine phase de la campagne, nous demanderons aux membres et aux activistes de se joindre à nous pour accroître l’appui dans la communauté des gestionnaires de cas et l’ensemble des membres du SEAC et de l’AFPC en prévision de la négociation collective axée sur la sous-traitance. Nous collaborerons avec l’AFPC dans des régions choisies du pays afin d’intensifier les pressions sur le Ministre et le Ministère. Au sein du SEAC et de l’ensemble du mouvement syndical, nous procéderons à une mobilisation dans les lieux de travail et les communautés, notamment à l’occasion des événements de la Fierté, de la fête du Travail et d’une conférence des présidentes et présidents des sections locales du SEAC qui aura lieu en octobre.

Vous pouvez suivre cette campagne sur notre site Web ou la page Facebook du SEAC.

Signez la lettre à l’intention du Ministre.

En toute solidarité,

Virginia Vaillancourt
La présidente nationale du SEA

Sondage interne d’Anciens combattants Canada : les employé-e-s craignent les répercussions sur les vétérans et le personnel

Selon des documents internes obtenus par le Syndicat des employé-e-s des Anciens combattants grâce à une demande d’accès à l’information, les employé-e-s craignent que le nouveau contrat de 560 millions de dollars visant le Programme de réadaptation nuise aux vétérans qu’ils servent.

« Bien que le Ministre garde le silence et que le Ministère prétende que tout va très bien, les membres du personnel sonnent l’alarme », déclare Virginia Vaillancourt, présidente nationale du Syndicat des employé-e-s des Anciens combattants.

Le syndicat a obtenu les résultats d’un sondage confidentiel auquel le Ministère a procédé qui montrent que les employé-e-s, et particulièrement les gestionnaires de cas, sont de plus en plus sceptiques à mesure qu’ils en apprennent au sujet du nouveau contrat du Programme de réadaptation. Ils craignent surtout que le nouvel entrepreneur ne puisse pas fournir les services promis aux vétérans et que cela accroisse les difficultés de ceux-ci. Ils craignent aussi que le personnel s’épuise et ils ne croient guère que le nouveau contrat facilitera leur travail comme promis.

« Ce sondage interne confirme ce que les gestionnaires de cas ont indiqué au syndicat », ajoute madame Vaillancourt. « Les gestionnaires de cas, qui tiennent beaucoup aux vétérans qu’ils servent, estiment que ce nouveau contrat est défavorable à toutes les parties intéressées. Les vétérans y perdent. Les gestionnaires de cas y perdent. La population canadienne y perd. »

Le syndicat demande à Anciens combattants Canada de retarder la mise en œuvre du contrat jusqu’à ce que les craintes du personnel aient été apaisées. Si Anciens combattants Canada ne peut pas prouver que le nouveau contrat ne nuira à aucun vétéran et ne retardera pas davantage les services auquel il a droit, ce contrat devrait être annulé. Le syndicat demande également de tenir une réunion avec le Ministre des Anciens combattants pour discuter des sujets d’inquiétude relatifs au contrat et aux pénuries de main-d’œuvre du Ministère.

« Il est temps que le Ministre se prononce à ce sujet », dit madame Vaillancourt. « Les vétérans méritent mieux et nos membres veulent leur fournir les services qu’ils méritent. »
Pour obtenir plus d’information ou une entrevue veuillez communiquer avec


Français :
Toufic El-Daher
Vice-président exécutif national / National Exécutive Vice-President
Syndicat des employé-e-s des Anciens Combattants (SEAC) /
Union of Veterans’ Affairs Employees (UVAE)
toufic.el-daher@hotmail.com

Citations tirées du document :

« PSRVC (l’entrepreneur) n’aura pas une approche axée sur les vétérans ni la souplesse nécessaire pour traiter les cas les plus complexes des vétérans. »

« Je crains que cela implante des services à deux vitesses pour nos clientes et clients, certains étant fournis par le nouvel entrepreneur alors que d’autres continueront à être assurés par le fournisseur actuel, avec des attentes et une reddition de comptes différentes pour le personnel et la clientèle. Les gestionnaires de cas pourraient avoir de la difficulté à expliquer cela aux clientes et clients. »

« Je crains que nous n’ayons jamais une main-d’œuvre relativement stable et bien formée. »

« Je crains aussi que nous voyons augmenter l’épuisement professionnel à mesure que les GC s’efforcent d’assurer la transition de leurs dossiers. »

« Je crains que les gestionnaires de cas soient chargés de traiter des plaintes des vétérans et tenus d’assurer le suivi quand le SSR n’arrive pas à régler une question ou un problème. Les GC seront pris entre deux feux, soit entre le vétéran et le SSR. »

« Le plan de migration risque de frustrer les gestionnaires de cas parce qu’ils devront composer avec à la fois des plans de réadaptation complexes à faire migrer plus tard et de nouveaux plans de réadaptation ou des plans ayant subi la migration. »

« Je crains de ne pas recevoir suffisamment de formation avant la mise en œuvre du nouveau programme. »

Lettre ouverte au ministre Lawrence MacAulay

Monsieur le ministre MacAulay,

Je suppose que vous êtres très occupé cet été. C’est peut-être pour cela que vous avez demandé au sous-ministre de répondre à notre lettre du 14 juin, sa réponse ne nous étant parvenue que le 14 juillet. C’est tout simplement inacceptable. Nous nous attendions à ce qu’en tant que responsable politique de votre ministère, vous répondiez vous-même plutôt que de confier la tâche au personnel de vos services. Nous vous rappelons que le premier ministre vous a confié le mandat de « Continuer à réduire les délais d’attente et veiller à ce que les anciens combattants et leurs familles reçoivent rapidement des réponses à leurs demandes, notamment en investissant les ressources nécessaires pour embaucher des agents de traitement des cas et des arbitres, en améliorant le traitement des demandes de prestations d’invalidité et en mettant au point des solutions numériques novatrices. ».

Nous vous rappelons aussi que les gestionnaires de cas d’Anciens combattants Canada qui se soucient de leur emploi, de leur avenir et des vétérans qu’ils ont l’honneur de servir espèrent que vous leur répondiez. Elles et ils méritent que vous leur parliez directement.

Elles et ils aimeraient savoir quand votre ministère exécutera votre mandat de réduire les charges de travail qui varient actuellement de 30 à 50 vétérans par gestionnaire de cas. Elles et ils aimeraient que vous apaisiez leurs craintes au sujet du nouveau contrat des services de réadaptation fournis aux vétérans et à leurs familles. Elles et ils s’inquiètent notamment du fait, indiqué dans notre lettre du 14 juin, que ce contrat élargit la sous-traitance du travail de membres actuels du personnel et en transfère la responsabilité au secteur privé. Et du fait que le contrat élargi pose un obstacle supplémentaire entre les vétérans et leurs gestionnaires de cas qui causera des retards et des difficultés indus aux vétérans auxquels nous tenons beaucoup.

Nous avons reçu de l’information des gestionnaires de cas de tout le Canada selon laquelle la mise en œuvre du contrat posera d’importants problèmes et le Ministère n’a pas suffisamment de ressources internes pour les régler. Les gestionnaires de cas craignent, ce qui est pire, que les vétérans et leurs familles ne puissent tout simplement pas accéder aux services dont ils ont besoin afin de poursuivre leur transition fructueuse vers la vie civile. Les autorités de votre

Ministère vous diront peut-être que tout va bien, mais je peux vous assurer que tel n’est pas le message que nous transmettent les gestionnaires de cas et les autres membres du personnel de première ligne servant les vétérans.

Nous vivons une crise en puissance qui nécessite votre intervention immédiate. C’est pourquoi nous vous demandons d’ordonner à Anciens combattants Canada de retarder la mise en œuvre du contrat jusqu’à ce que les craintes du personnel aient été apaisées. Si Anciens combattants Canada ne peut pas prouver que le nouveau contrat ne nuira à aucun vétéran et ne retardera pas davantage les services auxquels il a droit, ce contrat devrait être annulé.

Nous aimerions toujours que vous teniez une réunion avec nous afin de discuter de nos sujets d’inquiétude relatifs au contrat et aux pénuries de main-d’œuvre du Ministère. Nous aimerions que vous preniez à tout le moins la peine de publier une déclaration sur les problèmes auxquels le personnel d’Ancien combattants Canada doit faire face. Cela semble être le moins que vous puissiez faire.

Agréez, Monsieur le ministre MacAulay, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Virginia Vaillancourt, présidente nationale
du Syndicat des employé-e-s des Anciens combattants

Réponse du SEAC aux déclarations publiques d’ACC

Déclaration d’ACCRéponse du SEAC :
« Un unique contrat national visant tous les services cruciaux allégera le fardeau administratif des gestionnaires de cas, leur permettant de passer plus de temps avec leurs clientes et clients vétérans et moins de temps à accomplir du travail administratif. »On retire aux gestionnaires de cas les principales fonctions qui leur permettent d’établir un lien significatif avec les vétérans et l’on maintient leur charge de travail à de 30 à 40 cas, voire 50. Elles et ils n’accomplissent donc pas moins de travail administratif mais voient leurs fonctions s’appauvrir. Elles et ils deviendront des fournisseurs de service administratif au titulaire du contrat.
« Le nouveau contrat passé par le gouvernement améliorera la prestation des services de réadaptation aux vétérans et réduira le nombre d’étapes à suivre pour les vétérans et les gestionnaires de cas qui les servent, ce qui leur donnera plus de temps à consacrer à la réadaptation elle-même. »Ce à quoi nous assistons, ce sont des changements majeurs, l’imposition d’une importante courbe d’apprentissage, l’implantation de technologies nouvelles et la poursuite d’objectifs différents par différentes parties qui donneront lieu à un dédoublement des tâches et à l’augmentation des obstacles que les vétérans devront surmonter.
« Le contrat n’aura aucun effet sur l’emploi. »Le contrat aura un effet direct sur l’emploi de chaque gestionnaire de cas et de tous les ASV et les autres membres du personnel qui les soutiennent. Il y aura nettement une réduction des responsabilités qui, une fois que la nouvelle structure
de classification en témoignera, incitera à bloquer les salaires des postes actuels et à réduire la classification des personnes nouvellement engagées.
« Le contrat en question n’aura aucun effet sur le projet du Ministère de réduire les temps d’attente des prestations d’invalidité car il n’y a pas de rapport entre les deux démarches et le gouvernement fait appel à des fournisseurs de services extérieurs depuis 2006 pour aider à la réadaptation des vétérans. »Le gouvernement a certes fait appel à des fournisseurs de services extérieurs pour aider à la réadaptation des vétérans, mais le contrat précédent faisait des gestionnaires de cas les responsables des dossiers et de la satisfaction aux besoins des vétérans. Les gestionnaires de cas n’assureront qu’un soutien au titulaire du nouveau contrat qui cherchera d’abord à réaliser des profits et ensuite à exécuter son mandat. Le vétéran est loin d’être la principale priorité dans le nouveau scénario.
« Le processus d’approvisionnement à l’extérieur a commencé en juin 2019 et a fait l’objet de consultations auprès des vétérans, de leurs familles et du personnel du Ministère, qui ont eu l’occasion de présenter des commentaires et d’influencer chaque étape du processus. »L’appel d’offres a été lancé et le contrat a été passé avant que le syndicat et la grande majorité des gestionnaires de cas prennent conscience de ce qui arrivait. Des groupes de discussions composés de gestionnaires de cas choisis ont été créés après coup afin d’obtenir des commentaires, et les personnes nommées par le syndicat aux groupes de travail ont été négligées, n’étant même pas invitées à bien des réunions. Le Ministère n’a jamais indiqué les modalités du nouveau système en dépit des très nombreuses questions posées par les gestionnaires de cas. Ce n’est guère là une consultation.
En réponse à la question de savoir si le gouvernement entendait engager plus de gestionnaires de cas à plein temps au sein de l’administration fédérale plutôt que de multiplier les contrats temporaires, ACC a déclaré : « nous nous assurons toujours d’engager des gestionnaires de cas à plein temps et temporaires pour maintenir notre capacité et apporter aux vétérans le soutien de gestionnaires de cas »,Nous attendons encore les renforts promis. Il y a des emplois de gestionnaire de cas vacants dans toutes les régions du pays. La situation ne s’améliore pas : elle empire.
« Nous avons amélioré nos processus de dotation en personnel et de socialisation organisationnelle pour accélérer et faciliter le recrutement de gestionnaires de cas. »Voyez la réponse précédente. Si les résultats n’ont pas changé, comment peut-on prétendre que les processus de dotation et de socialisation organisationnelle ont été améliorés?
En réponse à des questions au sujet des temps d’attente, un porte-parole d’ACC a indiqué : « le gouvernement accueille le rapport de la VG et ses recommandations, il progresse dans la réduction des temps d’attente et il a réduit l’arriéré de plus de 30 % depuis septembre 2021 ».Le Ministère a-t-il seulement lu le rapport de la Vérificatrice générale? La VG a indiqué que la situation ne s’améliorait pas et qu’aucun plan de dotation en personnel n’avait été dressé pour éliminer l’arriéré. On peut jouer avec les statistiques tant qu’on voudra, l’arriéré demeure dans la pratique et les vétérans
continuent d’attendre trop longtemps les services dont ils ont besoin.
« Nous nous sommes engagés à travailler avec les organismes centraux à l’examen des options d’affectation de ressources à long terme pour que nous puissions prendre des décisions plus rapidement et régler le problème une fois pour toutes. »Le Ministère n’a aucun plan et rien de ce qu’il a tenté jusqu’à présent n’a été efficace. Il essaie encore d’apporter une solution temporaire à un problème à long terme. La véritable solution consiste à demander aux gestionnaires de cas et aux autres membres du personnel de présenter des suggestions et à voir à ce qu’il y ait suffisamment de personnel en service pour répondre aux besoins actuels des vétérans et de leurs familles.